Le Succube

6jathrew

le succube, un démon qui se couche dessous.
En figures parabibliques, les succubes et les incubes appartiennent au même horizon, sans que l’on puisse préciser toutefois avec certitude leurs origines. Les premières manifestations d’incubes et de succubes remonteraient aux récits de l’origine du monde. Nos ancêtres auraient eu affaire à eux : Eve en cédant à la tentation de l’incube Samaêl transformé en serpent et Adam en subissant les assauts nocturnes des démones pendant 130 ans (et en donnant ainsi naissance aux larves succubes et incubes)
 

Pour devenir Succubes, les diables s’enveloppent d’un corps aérien condensé qui prend les apparences de la matière. On ne peut ni les blesser, ni les tuer. Ce sont des vapeurs qui s’élèvent en forme de fantôme, et « leur âme est comme un matelot dans un navire ballotté par le vent ». Presque toujours ils sont invisibles à moins de conditions spéciales. On a vu dans les champs ou dans les bois des femmes étendues sur le dos, le ventre nu jusqu’au nombril, remuant lascivement les hanches et les cuisses. L’Incube restait invisible. Quelquefois, mais très rarement, à la fin de l’acte, une vapeur noire paraissait sur leur corps rappelant vaguement la forme d’un mâle. Des maris ont vu leurs femmes besogner avec des Incubes. Ils voulaient les tuer, mais le malin disparaissait. Il arrive aussi que le démon anime momentanément un cadavre et l’envoie s’offrir aux baisers des vivants.

 

Il arrivait aussi que les démons, lassés de leurs amours infernales, s’enamouraient des mortels. Ils devenaient alors des amants passionnés et tendres. Boethius, dans son histoire d’Ecosse, rapporte qu’un jeune homme était tenté par un Succube d’une ravissante beauté. Il pénétrait chez lui à travers les portes et les murs et fit tout pour le posséder.

Mais le jeune homme vertueux alla trouver son évêque et les remèdes spirituels le délivrèrent. Assez souvent, le démon prend la forme d’un être aimé pour atteindre plus facilement sa proie. Brognoli, cité par Goerres, vit en 1650 à Bergame un jeune homme auquel le démon était apparu un soir sous la forme d’une jeune fille qu’il aimait. Le fantôme lui raconta une petite histoire expliquant sa présence à cette heure, à cet endroit : sa mère l’avait maltraitée, elle s’était enfuie et se réfugiait près de lui.

L’amoureux se doutait bien que ce n’était pas là son bien-aimée, mais un démon ; il succomba cependant à la tentation. Le Succube lui dit alors qui il était, une larve qui l’aimait. Les exorcismes eurent raison des enchantements de l’enfer, et le jeune homme fit pénitence de ses péchés. Brognoli raconte encore la curieuse histoire que voici telle qu’elle se trouve dans la Mystique de Goerres : « En 1643, je fus chargé par mes supérieurs d’aller exorciser une jeune fille de vingt ans qui était poursuivie par un Incube. Je me rendis chez elle avec son confesseur.

A peine étions nous entrés que le démon, qui était précisément alors occupé avec elle, se retira. Elle m’avoua sans détour tout ce que l’esprit impur faisait avec elle. Je jugeai, d’après ce qu’elle me dit, que malgré ses dénégations, elle prêtait au démon un consentement indirect. En effet, elle était toujours avertie de ses approches par une surexcitation violente des organes sexuels ; et alors, au lieu d’avoir recours à la prière, elle courait à sa chambre et se mettait sur son lit. J’essayai d’éveiller en elle des sentiments de confiance envers Dieu ; mais je n’y pus réussir, et elle semblait plutôt craindre d’être délivrée. Je la quittai donc après avoir laissé à son confesseur et à ses parents quelques prescriptions touchant le jeûne et la mortification ».

Presque tous les auteurs l’affirment : le démon, n’ayant ni chair ni os, n’avait pas de semence. Il recueillait le produit des pollutions vaincs ou bien, se faisant Succube, il dérobait à des hommes puissants le sperme. Devenu incube, il transportait ce sperme dans la matrice de la femme qu’il voulait engrosser. Les enfants procréés de cette manière étaient plus lourds que les autres, toujours maigres et pouvaient tarir trois nourrices sans engraisser. Quel était le père, le démon ou l’homme qui avait fourni la semence ?

Soso
Source et inspiration : Jules D.