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L'incube

Les incubes et les succubes mythes legendes urbaines 1

Le terme incube apparaît vers 1372. Il dérive du latin classique inc-(sur), et cibare, (coucher), donc : « couché sur » ; pluriel incubi, ou incubo ; pluriel incubones . Donc, selon la dérivation, un incube est un démon mâle qui est censé prendre corps pour abuser sexuellement d’une femme endormie. Velu, hirsute et souvent représenté comme possédant des pieds de bouc, l’incube peut toutefois s’en prendre également aux hommes.

Cette figure avec des pieds de bouc, selon Ronsard, est spécialement relatée dans le seizième chapitre du Lévitique citant notamment le démon Azazel. On attribua à ce dernier, le pseudo-sacrifice tragique du bouc avec une intention satanique. Pour présider en effet aux cérémonies et aux maléfices du sabbat, le diable adoptait, au dire des experts, la figure d’un bouc . Le démon incube pèse sur la poitrine de sa victime endormie et peut même l’étouffer. Dans Le Marteau des sorcières, Saint Isidore a interprété le fait de se coucher sur une personne endormie, pour les incubes, comme un acte de viol.
 

Ambroise Paré, dans son œuvre Des Monstres et Prodiges, définit les incubes à la façon d’un médecin :

Incubus est un mal où la personne pense estre [être] opprimée et suffoquée de quelque pesante charge sur son corps ; et vient principalement la nuit : le vulgaire dit que c’est une Vieille qui charge et comprime le corps ; le vulgaire l’appelle Chauche-poulet. 
 

Autrement, dans Le Marteau des sorcières, les incubes sont présentés avec les caractéristiques suivantes : « celles d’esprits impurs mais non corrompus par nature» 8 possédant un corps et, toutefois, « ils ont un corps non pour donner la vie mais pour garder la semence et la déposer ailleurs» 9. Selon cette citation, on peut considérer que les incubes se manifeste en tant qu’un vaisseau intermédiaire de la vie (la semence).
 

Quand la question de l’intervention matérielle des incubes s’est posée, Van Helmont croit cependant que la raison pour laquelle les démons se font incubes ou succubes, n’est pas le plaisir (puisque l’esprit n’a ni chair ni os) ou pour corrompre la spiritualité de l’homme (afin de rendre ainsi les hommes plus inclinés à tous les vices) .
Van Helmont propose une théorie intéressante selon laquelle les incubes poursuivent un autre but : soustraire la semence des êtres, ensemençant en vue d’un idéal de splendeur, sans laquelle leur perfection ne peut s’accomplir . Or le démon incube assume un corps « aérien » , mais qui d’une certaine manière est terrestre, dans la mesure où il acquiert cette propriété par condensation.
 

Par conséquent, le diable a un pouvoir naturel supérieur à celui des corps pour recueillir et utiliser la semence de manière invisible. Si on suppose que le démon peut recevoir et déposer la semence de manière discrète, il le fait de préférence sous la forme de succube et incube afin de marquer ainsi d’une impureté le corps et l’âme de tout être humain, homme ou femme. Sans doute les démons peuvent opérer davantage de choses sous forme invisible ; puisqu’il ne leur est pas permis de les faire à la vue de tout le monde, même quand ils veillent leur victimes (quel ce soit pour éprouver les bons ou pour corriger les méchants).
 

Dans  "les histoires prodigieuses" rassemblées par Boaistuau, il rappelle les prophéties d’Osée et d’Esdras et les anathèmes qu’ils ont lancés contre ces êtres. Il se demande ensuite si le démon est capable d’exercer des œuvres de nature. Boaistuau fortifie son argumentation par le récit de l’histoire de cette demoiselle écossaise qui eut des relations avec un incube, pendant que sa pensée était dirigée du côté d’un beau jeune homme qu’elle adorait. Le deuxième volume des Histoires Prodigieuses a été composé par Claude de Tisserant, parisien, qui accorde une confiance entière aux récits des monstres dont parle tout l’antiquité. Il leur donne une provenance diabolique ; il voit dans les Faunes et Sylvain des incubes. En plus de ce problème, dans Le Marteau des sorcières, l’histoire de Sylvain et Faunes est aussi parue.
 

Selon les textes, le cauchemar, manifestation de la puissance de Satan, désigne temporairement un espace de pouvoir magique pour que les monstres et les démons puissent faire ce qu’ils veulent. Les succubes et les incubes sont des démons dont le but est la recherche de « l’activité sexuelle » ; et dans ce cas précis, l’usage du cauchemar pourrait être considéré comme une approche de violer le corps physique. En plus, lors du cauchemar selon Garnier 19, le démon s’unit sexuellement avec le corps de la personne qu’il connait charnellement. Les corps endormis frappés par cette apparition onirique, qualifiés de « victimes », peuvent nous amener à considérer cet acte comme étant non désiré. D’après Ernest Martin, l’action des incubes doit être regardé comme indéniable, c’est-à­-dire qu’on ne pourrait pas l’éviter dès que le démon nous choisi.
 

Soso
Source et inspiration : Human.F