Clara Germana, possédée après un pacte avec le diable.

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L’histoire de Clara Germana Cele démarra en 1906 alors qu’elle n’avait que 16 ans.

La jeune fille était orpheline et vivait dans un petit village d’Afrique du Sud situé à 80 kilomètres de Durban. Baptisée catholique, elle fréquentait l’école d’Umzinto dirigée par les soeurs de la mission Saint-Michel depuis l’âge de 4 ans. Les religieuses qui s’occupaient d’elle la décrivaient comme une enfant normale, gaie et enjouée.

En 1905, la jeune orpheline avait fait sa première communion. La cérémonie s’était déroulée sans encombre. Mais, l’année suivante, la vie de Clara Germana Cele bascula.

Tout d’abord, le Père Erasmus Hörner, qui la confessait et la connaissait bien, la trouva morose, triste et parfois même agressive. La jeune fille ne s’était jamais comportée de cette manière. Bientôt, elle devint frivole, s’éloigna des sacrements et ne voulut plus aller à l’église.

Le 5 juillet de l’année 1906, Clara Germana Cele s’en vint trouver le Père Erasmus et lui fit une bien étrange confession. Elle lui avoua s’être vouée au service de Satan et avoir fait un pacte par écrit. Dans sa main, elle tient un morceau de papier qu’elle présente au prêtre  comme étant le pacte fait avec le démon. La jeune fille avait signé ce document avec son sang.

Sur le coup, le Père Erasmus ne croit pas la jeune fille. Il met son geste à une façon pour la jeune fille d’attirer l’attention sur elle. Mais très vite, il va se rendre compte qu’il s’était trompé, car les premiers signes évidents d’une possession démoniaque n’allaient pas tarder à se manifester.

En effet, Clara Germana Cele fait des crises violentes au cours desquelles elle se met à crier et à vociférer. Elle hurle avoir fait une confession, être perdue, devoir se pendre car Satan l’appelle.

Son comportement se met à changer du tout au tout. La jeune fille docile, souriante, gaie devient renfermée en proie à des crises terribles.

En août 1906, alors qu’elle assiste à une messe, elle se montre particulièrement belliqueuse, refusant de s’agenouiller et incitant les autres adolescents à refuser la confession.

Le 20 août 1906, les sœurs de la mission Saint-Michel la surprennent en grande conversation avec un être invisible. Clara pleure et implore une entité que les sœurs ne peuvent voir. Voici ce que la jeune fille disait : « Tu m’as trompée ! Tu m’avais promis de beaux jours, et maintenant tu es cruel pour moi. »

Et oui, le Diable lui avait promis la gloire, mais lui offre le désespoir et la souffrance.

Soudain, Clara Germana s’aperçoit qu’elle n’est pas seule, que les sœurs la regardent et a un bref moment de lucidité. Elle se tourne vers les sœurs qui et fixe l’une d’elle en disant : « Ma sœur, s’il vous plait, appelez le Père Erasmus. Je dois me confesser et tout lui dire. Mais vite, très vite, ou Satan va me tuer. Il me tient en son pouvoir ! Plus rien de béni n’est avec moi. J’ai jeté toutes les médailles que vous m’aviez données. »

Puis elle se remet à crier : « Tu m’as trahi ! Tu m’avais promis la gloire et maintenant tu me tortures ! »

Clara Germana Cele s’agite tellement, que les sœurs décident de la mettre au lit. La jeune fille fait une terrible crise où elle déchire ses vêtements, elle grince des dents et hurle ou aboie comme un chien. Le prêtre est appelé d’urgence.

Lorsqu’il arrive, il est terrifié. Il est impossible de maîtriser la jeune fille qui ressemble à une bête. Le Père Erasmus lui demande de s’identifier. L’être qui a pris possession du corps de Clara crie être Satan. Il ajoute même : « Notre roi est Lucifer. Son pouvoir est grand ; il a à son service d’innombrables sujets. Nous avons été précipités du Ciel en Enfer, bien que nos péchés n’eussent pas été aussi énormes que ceux d’un grand nombre d’hommes. »

Le prêtre demande si l’enfer existe et l’entité répond : « Certainement ! Son feu n’émet aucune clarté et ne ressemble en aucune manière à votre feu. Malgré l’obscurité, nous nous voyons l’un l’autre. Le Christ nous a vaincus en mourant sur la Croix, mais à présent beaucoup d’Esprits errent à travers le monde pour séduire les hommes. Le Christ reviendra une seconde fois, lors du jugement dernier. Alors nous serons jugés sous les regards de tout le monde. Nous croyons en Dieu, mais nous le haïssons. »

Vous pouvez remarquer, chers lecteurs, que ce démon est particulièrement loquace.

Alors, les sœurs aspergent le corps de Clara Germana Cele d’eau bénite, ce qui la fait sortir de sa transe.

L’état de Clara se détériore rapidement. Les manifestations du démon se font de plus en plus fréquentes et les attaques que la jeune fille subit la laissent dans un grand état d’épuisement. Clara Germana Cele se meurt à petit feu.

Dans un compte-rendu, une religieuse rapporta que Clara agressait souvent ses camarades, qu’elle se mettait dans des états de rage folle qu’elle en devenait incontrôlable et dangereuse dès qu’elle se trouvait en présence d’un quelconque signe religieux. Et que même si l’on dissimulait une croix ou de l’eau bénite dans une pièce, Clara le sentait et cela la mettait en colère. Là, elle s’animait d’une force soudaine et féroce si bien que les sœurs étaient obligées de l’asperger d’eau bénite pour la calmer et de la sangler sur son lit pour la maîtriser.

Les cris que poussaient Clara étaient d’une telle bestialité qu’ils terrifiaient tous ceux qui l’entendaient. Voici un témoignage d’une sœur sur ce sujet :

« Aucun animal n’a jamais produit de tels sons. Ni les lions de l’est de l’Afrique, ni les taureaux furieux. À certains moments, ils sonnaient comme un véritable troupeau de bêtes sauvages qu’aurait orchestré Satan après avoir formé un cœur infernal ».

Certains jours, il arrivait que le démon se manifeste aux religieuses et aux autres jeunes filles qui habitaient à la mission Saint-Michel, à la fenêtre, en plein jour ou en pleine nuit, en se montrant avec de terrifiantes figures d’animaux aux yeux jaunes.

Un jour, alors que Clara Germana Cele est allongée sur une natte et se repose après une violente crise, elle se met à brûler en se tordant de douleur. Et en effet, des flammes sont tout autour d’elle. Et malgré tous les efforts des sœurs, le feu ne veut pas s’éteindre. Seule l’eau bénite en arrivera à bout.

De nombreux témoins purent voir Clara Germana Cele léviter. Et elle le faisait de manière régulière, d’après les dires des sœurs et du prêtre. Souvent, elle était soulevée à un mètre du sol, parfois plus, verticalement ou horizontalement et son corps flottait au-dessus de son lit. La jeune fille était alors rigide, de même ses vêtements dont les plis ne retombaient pas comme ils auraient dus.

Si on aspergeait le corps de Clara d’eau bénite, alors elle retombait et ses vêtements reprenaient leurs plis habituels.

Clara a lévité, comme je l’ai dit plus haut, devant de nombreux témoins, dont certains étaient étrangers à la mission.

Un jour, même à l’église, Clara s’est mise à flotter au-dessus de sa chaise. Certains ont essayé de la ramener à sa place en la tirant par les pieds, sans y parvenir.

Dans son livre, le Père Erasmus décrit comment Clara Germana se transformait parfois en une créature ressemblant à un serpent. Son cou s’allongeait, son corps se mettait à enfler, notamment au niveau de la sa poitrine, et alors elle se mettait à ramper à terre. Elle devenait aussi souple que du caoutchouc.

Sous cette forme reptilienne, elle avait même mordu au bras une sœur qui tentait de la maîtriser. La blessure mit plusieurs mois à guérir.

Clara Germana Cele pouvait aussi parler et comprendre plusieurs langues étrangères, comme le français, l’allemand, le polonais, alors qu’elle ne les avait jamais entendues. Elle faisait aussi preuve d’un don de clairvoyance en révélant des secrets intimes et en se moquant des personnes qui venaient la voir alors qu’elle ne les connaissait pas. Elle put décrire, dans les moindres détails, le voyage d’un prêtre d’Afrique du Sud à Rome, avec les adresses et les étapes tout au long du chemin. De même, elle confondit un homme qui s’était moqué d’elle en révélant des secrets scandaleux le concernant et en donnant des noms précis, des dates et des lieux.

Pour le Père Erasmus, il n’y avait plus de doute possible. Clara Germana Cele était possédée et il fallait un exorcisme pour la délivrer. Il envoya sa demande à l’Église.

Le 10 septembre 1906, l’Église autorisa le Père Erasmus et le Père Mansuet, directeur de la mission, à effectuer un exorcisme sur Clara Germana Cele.

Le rituel débuta le 11 septembre 1906, à l’aube dans la chapelle de la mission, en présence de nombreux témoins.

Au début de la séance, la jeune fille attrapa la Bible des mains du Père Mansueti et se frappa avec, puis saisit son étole et tenta de l’étouffer.

Ce jour-là, l’exorcisme se termina tard dans la nuit, sans que le démon soit chassé du corps de la pauvre orpheline. Et donc, il reprit le lendemain matin.

Pour cette deuxième séance, un dialogue surréaliste s’instaura entre le Père Erasmus et le démon, dialogue que je vous partage.

« Pourquoi as-tu été chassé du ciel, demanda le Père Erasmus.
—Parce que Dieu nous a révélé son Fils et nous a commandé de l’adorer ; mais nous avons refusé parce qu’il avait adopté une nature inférieure à la nôtre. »

Mais en ce deuxième jour de rituel, le démon sembla vaincu et révéla devoir retourner en enfer. Il déclara ensuite  signaler son départ par une lévitation. Ce qui se fit aussitôt, en présence de 170 personnes qui se trouvaient dans la chapelle de la mission à ce moment-là.

Et le démon quitta le corps de Clara Germana Cele après deux longues journées de combat. Et tous les membres de la communauté, choqués par ce qu’ils avaient vus, prièrent pendant de longues heures.

Après cet exorcisme, Clara Germana Cele redevient la jeune fille qu’elle était avant le pacte : souriante, gaie, gentille.

Mais, en janvier 1907, et alors que le Père Erasmus est absent, Clara fait une rechute. Elle repactise avec Satan et ses crises recommencent. Au mois d’avril 1907, un nouvel exorcisme de deux jours est réalisé et la jeune fille est à nouveau libérée de ses démons. Une odeur nauséabonde signala le départ du démon.

Elle mourut le 14 mars 1913 de la tuberculose, en paix avec elle même.