Précepte fondamental du Bouddhisme ancien

Boud

 "Vivre et Laisser Vivre :
 

Vivre et laisser vivre est une formule apparue durant la Première Guerre mondiale lors de fraternisations entre soldats de lignes ennemies. L'exemple le plus connu est probablement la trêve de Noël 1914 entre Britanniques et Allemands durant laquelle les soldats profitent d'un moment de "paix" pour sortir de leurs tranchées et s'aider a enterrer leurs morts du No Man's Land, s’échanger des cadeaux et même s’adonner à des parties de jeux comme le football.
 

L’une des pratiques fondamentales dans le bouddhisme ancien est mettâ bhâvanâ, le développement de la bienveillance. Et, bien que l’on puisse suivre cette Voie depuis de nombreuses années, c’est une pratique chaque jour renouvelée permettant de reconnaître puis étouffer la tendance naturelle aux diverses formes de convoitise, ou de rejet, surgissant dans le mental en réaction au monde qui nous entoure, soit la tendance naturelle à penser que le monde doit fonctionner selon nos désirs et que nous en sommes le centre.
 

Le maître mot de cette pratique est “Vivre et laisser Vivre”. À proprement parler, dans l’Enseignement du Bouddha, il n’existe pas de concept de “vie” dans un sens collectif ; il n’y a que des êtres vivants, des organismes individuels. Et la vie qui les anime n’est pas divine ou octroyée par un être divin quelconque.
 

L'expression “respect de la vie” ne se trouve en effet pas dans le bouddhisme, on rencontre par contre, de façon récurrente et dans toutes les diverses écoles, la notion de compassion pour les êtres vivants. Cela peut sembler une simple question de langage mais il n’en est rien en dépit de la mode actuelle, prétendument “transcendante” mais en fait réductrice, consistant à penser que toutes les différentes formulations recouvrent en fait la même réalité.
 

Le premier précepte, liant tout bouddhiste, est exprimé de la façon suivante : « Je m’efforcerai d’observer le précepte de m’abstenir de léser les êtres vivants ». Cette étape commence bien entendu par les aspects les plus grossiers :

-s’efforcer de ne pas détruire des êtres vivants ou les utiliser à son propre profit.

-s’efforcer à ne pas entraver l’élan vital de tout ce qui existe.

-ne pas s’approprier ce qui n’a pas été offert.

-s’abstenir d’excès dans les plaisirs des sens.

-s’abstenir de paroles fausses ou inconsidérées.

-s’abstenir de toute substance troublant la vigilance et la claire conscience.
 

Dans la stratégie bouddhique il est fortement déconseillé de réprimer ce qui surgit dans l’esprit, que ce soit au cours de la vie quotidienne ou dans la pratique de la méditation : émotions, pensées, sensations, souffrance, bien-être, etc.
 

Tout ce qui vit naît, se développe et disparaît en fonction de causes et de conditions, et nul, en usant de violence, ne peut faire en sorte que ces causes et ces conditions ne portent pas leurs fruits ; seules la compassion et la patience peuvent nous permettre d'utiliser l’espace mental suffisant afin d’agir avec sagesse en toutes situations, au lieu de nous ruer sur l’obstacle, emporté par le désir impérieux de “tout changer”. Tout s’acheminant inéluctablement vers la cessation, il est donc parfaitement inutile, voire néfaste, de vouloir précipiter le phénomène."
 

Bien que ce texte soit d'origine bouddhiste, je pense que ces points sont applicables pour tous, quelque soit ses croyances, ses origines, ses opinions.

Ce n'est pas le bien personnel qui importe, mais le bien commun, car une bonne action engendre une bonne action.
 

Faites ce que vous pouvez faire pour créer les conditions nécessaires à l'évolution de la confiance. Créez des amitiés solides. Trouvez vos victoires. Communiquez clairement. Et peut-être pourrons nous arrêter de tirer les uns contre les autres, sortir de nos propres tranchées pour traverser le No Man's Land et apprendre à Vivre et Laisser Vivre.
 

article proposé par Jessy MR #solenne