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Le diable des forges , un récit glaçant !

Le diable forgeant sa

« La nuit, le diable vient s'aiguiser les griffes sur une enclume dans une boutique de forge »

 
Par un beau samedi soir, le maître des forges du Saint-Maurice avait invité les travailleurs à venir fêter l'arrivée de l'été. On commença tôt à s'amener, même à la brunante il arrivait encore des voitures chargées de gens qui venaient se divertir et se régaler, car on avait l'habitude, lors de ces soirées, d'installer dehors de grandes tables qu'on couvrait de victuailles et de bons vins des Vieux Pays.

 
Mais la soirée, comme cela s'étaient déjà produit lorsqu'on se réunissait pour fêter, n'allait pas se passer sans que les esprits s'échauffent. Et parmi les sujets qui mirent le feu aux poudres il y eut d'abord celui des "hommes qui avaient des cornes", c'est-à-dire ceux qui étaient trompés par leur femme, puis celui du diable. Les uns déclarèrent que le diable venait la nuit fouiner dans les bâtiments des Forges, et d'autres s'esclaffaient en disant qu'il aurait bien trop peur de "manger une volée", comme cela était arrivée la nuit où, sous forme d'un "homme pas de tête", il s'était placé devant une voiture, en plein milieu d'un chemin en forêt.
 
Puis, la discussion s'envenima jusqu'à ce qu'un poing partit et alla s'abattre sur la figure d'un opposant. Ce fut le signal d'une bataille générale.
Soudain, un bruit éclatant se mêla aux clameurs de la foule; et par les fenêtres de la forge, les flammèches s'échappant de fer battu sur l'enclume projetaient des lueurs dans le bâtiment. Pourtant, la porte était bien barée du dehors et tous les forgerons se trouvaient à la fête.

Deux hommes parmi les plus hardis décidèrent d'entrer pour arrêter le gros marteau qui, pensaient-ils, avait dû se mettre en marche de lui-même. Surprise! ils aperçurent un grand homme noir au regard perçant qui se faisait battre les griffes sous le gros marteau et des étincelles de fer rouge en jaillissaient.
 
Lorsque les deux curieux sortirent de la forge à la fine épouvante et s'éloignèrent des lieux, les fêtards effrayés les suivirent en toute hâte, même ceux que le vin avait éméchés.