Une nouvelle araignée africaine découverte, avec une corne sur le dos !

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Source : https://sciencepost.fr

 

Une équipe de biologistes annonce avoir identifié une nouvelle espèce d’araignées, au physique étrange. Sur son dos, vous retrouverez une protubérance longue et molle en forme de corne.

Arachnophobes, tenez bon. Il y a de grandes chances pour que vous ne tombiez jamais dessus. À moins de prendre un billet pour l’Angola, en Afrique centrale. Vous pourriez alors la deviner facilement. La nouvelle espèce, fraîchement baptisée Ceratogyrus attonitifer, se distingue en effet par la présence d’une sorte de corne molle installée sur son dos. « Aucune autre araignée au monde ne possède une protubérance fovéale similaire », écrivent les chercheurs dans leur étude publiée dans African Invertebrates.

Une fonction encore méconnue

Les biologistes Ian Engelbrecht et John Midgley, des Universités de Rhodes et de Pretoria, en Afrique du Sud, sont récemment tombés sur cette espèce, jamais décrite, dans le cadre du Okavango Wilderness Project, du National Geographic. Ce projet vise à mieux appréhender la biodiversité du bassin versant d’Okavango en Angola, en Namibie et au Botswana, dans le but de mettre en place des moyens de conservation durable.

Quant à l’utilité de cette « corne molle », les entomologistes n’ont toujours pas la réponse. Des espèces d’araignées apparentées présentent également des cornes, mais plus petites et plus dures. Dans leurs cas, la fonction est connue. Pour le cas de cette espèce donc, cette « corne » doit servir à autre chose.

« Les araignées digèrent leurs proies en les dissolvant en une sorte de soupe d’insectes dans leur bouche avant de les ingérer », explique Ian Engelbrecht. « L’estomac suceur agit alors comme une petite pompe qui aspire cette soupe d’insectes depuis la cavité buccale de l’araignée pour l’emmener dans le reste du système digestif. La corne permet alors aux muscles d’être plus gros et plus efficaces. Pour cette nouvelle espèce en revanche, la corne remplit une fonction différente car elle n’est ni solide ni musclée comme chez les autres espèces ».

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La nouvelle espèce Ceratogyrus attonitifer, découverte en Angola. Crédits : Ian Enelbrecht

Déjà connue dans la région

Inconnue de la science donc, et encore de nombreuses questions sans réponses. C’est pourquoi les chercheurs se sont tournés vers ceux qui la fréquentent : les habitants du bassin. Ces derniers connaissent en effet C. attonitifer. Elle est même baptisée « Chandachuly » en langue luchazi, parlée en Angola et en Zambie. « Ils mentionnent que les piqûres ne sont pas forcément dangereuses pour l’Homme, mais qu’elles peuvent provoquer une infection si l’accès médical est limité », explique John Midgley. « On dit également que les tarentules s’attaquent principalement aux insectes ».

Selon les peuples autochtones, Ceratogyrus attonitifer vivrait généralement dans des terriers cachés dans des touffes d’herbe et n’hésiterait pas à attaquer « avec enthousiasme » si un prédateur ou une autre araignée venait à s’introduire dans leur logis. Il semblerait également que les femelles investissent les terriers existants plutôt que de creuser leurs propres foyers.