Un astéroïde géant pourrait percuter la Terre en 2135, la Nasa a un plan pour l’en empêcher

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Source : www.ouest-france.fr

 

D’accord, ce n’est pas pour tout de suite. L’impact possible de l’astéroïde Bennu avec notre Terre est prévu pour le 21 septembre 2135. Mais s’il a lieu, ça va faire du bruit : ce corps céleste mesure près de 500 mètres pour un poids de 3,4 milliards de tonnes de roches et de glace. La Nasa, qui aime anticiper les problèmes, a déjà réfléchi à un plan. Ça ressemble à du cinéma, mais c’est la réalité.

Soyez gentils : laissez un mot, une note, un message à vos arrière-arrière-petits-enfants. Qu’ils marquent au feutre rouge (si ça existe encore) la date du 21 septembre 2135. Et qu’ils renoncent à leurs activités prévues ce moment-là. Parce qu’il se pourrait bien que, ce jour-là précisément, un astéroïde géant s’écrase sur la Terre.

Pour la Nasa, qui suit de près les milliers de corps célestes qui gravitent dans la banlieue plus ou moins proche de notre planète, voire de notre système solaire, Bennu – c’est son nom – constitue une menace sérieuse. À cause de sa taille : 490 mètres de long. Et, surtout, de son poids : 3,4 milliards de tonnes. Sacré monstre : lui ne va pas se transformer en poétique étoile filante. Lancé à 100 000 km/h en orbite autour du Soleil depuis des millions d’années, il devrait se révéler menaçant pour notre Terre dans un peu plus d’un siècle. Pas de chance pour nous.

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Relativisons. D’abord, l’événement est lointain - a priori, vous et moi ne serons plus là.. Ensuite, d’après la Nasa, il n’a qu’une chance sur 2 700 de se produire (ce qui est peu, et beaucoup), Bennu pouvant avoir la bonne idée de ne faire que passer – à quelques centaines de milliers de kilomètres, par exemple. Au fur et à mesure de la poursuite de sa course folle, les scientifiques – qui ne l’ont repéré qu’en 1999, d’où son premier nom de baptême, 1999 RQ36 - vont pouvoir affiner leurs prévisions. Cela dit, certains d’entre eux rappellent que tous les mille ans environ, un objet céleste de grande taille s’écrase sur la Terre.

Souvenez-vous de l’explosion de l’astéroïde de Tcheliabinsk, en Russie, le 15 février 2013. L’événement avait été filmé et largement commenté : il avait blessé plus d’un millier de personnes et détruits des dizaines de milliers de vitres. Précision qui a son importance : cet astéroïde ne mesurait qu’une vingtaine de mètres de diamètre. Mais son explosion dans l’atmosphère avait libéré une puissance équivalente à 35 fois Hiroshima.

Du coup, Bennu et ses presque 500 mètres pourraient provoquer un véritable cataclysme sur Terre. D’où l’idée de la Nasa de détruire ou de faire dévier ce corps céleste avant qu’il ne ravage notre planète. Un peu comme dans le film Armageddon ? Oui. Avec Bruce Willis en moins. Et une fusée assez spéciale en plus.

Pour cela, l’agence américaine collabore avec l’Administration nationale de la sécurité nucléaire et deux laboratoires d’armes du Département de l’énergie. Elle a en effet prévu la construction d’un vaisseau spatial baptisé Hammer (pour Hypervelocity Asteroid Mitigation Mission for Emergency Response). En gros, il pourrait agir soit comme un bélier pour détourner Bennu, soit comme un explosif, grâce à deux missiles tactiques nucléaires. Dans ce dernier cas, l’idée ne serait pas de tirer sur l’intrus, mais de faire exploser les ogives un peu en avant de sa trajectoire, de façon à le « vaporiser ».

En attendant, la NASA veut mieux connaître ce gros caillou. Elle a donc lancé en 2016 une sonde chargée d’aller l’étudier de plus près. Baptisée Osiris-Rex, celle-ci est en route pour Bennu, et devrait s’y poser avant la fin de l’année. En théorie, elle devrait en rapporter en 2023 des échantillons de sa surface.

Quoi qu’il en soit, les scientifiques à l’origine de la création de la fusée Hammer présenteront leurs travaux en mai 2018 au Japon, lors d’un colloque consacré aux perturbations potentiellement catastrophiques pour notre système solaire. Pendant ce temps, Bennu continue sa ronde folle, à plus de 100 000 km/h.