Du sperme congelé il y a 50 ans engendre des dizaines d’agneaux en bonne santé

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Source : https://sciencepost.fr

 

Congelé en 1968 dans de l’azote liquide à – 196 °C, le sperme d’un bélier a récemment été utilisé pour féconder artificiellement 56 brebis. Résultat : 34 ont donné naissance à des agneaux.

Cryoconservation

C’est le plus vieux sperme jamais utilisé pour produire une progéniture. Une équipe de recherche dirigée par Simon de Graaf, de l’Institut d’agriculture de Sydney, a en effet récemment fécondé avec succès 34 brebis mérinos avec le sperme d’un bélier, congelé depuis 50 ans (décongelé pour l’occasion). L’échantillon de sperme original avait été prélevé en 1968 sur un bélier nommé Sir Freddy. La manœuvre avait été autorisée par la famille Walker, qui élève, encore aujourd’hui, 8 000 moutons à Yass Plains, en Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie). C’est le vétérinaire Steven Salamon qui avait à l’époque procédé au prélèvement, dans le but de tester la viabilité à long terme de la cryoconservation du sperme.

Après avoir testé le sperme après décongélation (mobilité, rapidité, viabilité et intégrité de l’ADN), les chercheurs expliquent n’avoir détecté aucune différence entre le sperme vieux de 50 ans et plusieurs échantillons gelés depuis un an. Preuve en est avec le taux de natalité engendré : 34 brebis sur 56 ont mis bas – c’est aussi bien que celui des spermatozoïdes congelés pendant 12 mois. Si les agneaux semblent aujourd’hui en bonne santé, les chercheurs devront néanmoins continuer de les surveiller pendant plusieurs mois pour s’assurer qu’ils se développent normalement.

agneau sperme
Un des agneaux, qui a déjà bien grandi, né grâce au sperme de Sir Freddy, resté congelé pendant 50 ans.
Crédits : Morgan Hancock

« Ce qui est vrai pour le mouton l’est également pour les humains »

L’expérience est donc un succès, suggérant que des spermatozoïdes peuvent effectivement rester viables après avoir été congelés pendant au moins 50 ans. Une bonne nouvelle pour les moutons certes, mais aussi pour l’Homme. Car, comme le dit Simon de Graaf, « ce qui est vrai pour le mouton l’est également pour les humains ». On pense en effet aux personnes risquant de perdre leur fertilité, telles que les hommes subissant une chimiothérapie contre le cancer. Certains de ces traitements peuvent en effet avoir un impact sur les organes reproducteurs.

À terme, nous pourrions donc envisager la possibilité de pouvoir stocker le spermeavant le début du traitement, afin de pouvoir toujours avoir la possibilité de faire des enfants une fois guéris. Ou, dans le pire des cas, de pouvoir engendrer une progéniture quelques années après la mort.