Ce bébé qui vivait il y a 3 millions d’années marchait debout et grimpait dans les arbres

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Source : https://www.ulyces.co

 

Selam était une Australopithecus afarensis (australopithèque), l’un de nos ancêtres précoces. Elle aurait vécu il y a plus de trois millions d’années et serait décédée à l’âge de trois ans. En 2006, certains de ses ossements ont été découverts près de Dikika, en Éthiopie. Tout comme nous, elle marchait sur ses deux jambes. Mais ce n’est pas tout. Après avoir minutieusement examiné et comparé le pied de l’enfant à celui de spécimens adultes, des paléontologues du Muséum américain d’histoire naturelle affirment le 4 juillet dans la revue Science Advances que Selam pouvait également grimper au arbres, à la manière d’un singe.

« Nous pouvons désormais observer les différences dans la manière de se déplacer entre les adultes et les jeunes spécimens, ce qui est vraiment cool », explique à National Geographic le paléontologue William Harcourt-Smith, chargé de valider l’étude avant publication. Les découvertes progressives de fossiles d’Australopithecus afarensis en disent long sur le comportement de ces cousins éloignés. Le plus populaire d’entre eux est celui de Lucy, retrouvé en 1974 en Éthiopie.

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Dans les années qui ont suivi, en 1994, « Little Foot » a été découvert en Afrique du Sud. Il s’agit, encore aujourd’hui, du squelette d’australopithèque le plus complet jamais déterré. C’est justement en comparant entre autres ses pieds et ceux de Selam que les chercheurs ont deviné la spécificité des enfants de l’époque. Les australopithèques avaient des orteils incurvés, ce qui suggère qu’ils étaient bien plus souples et adaptés à la préhension. Ceux de Selam sont encore plus courbés que ceux de Little Foot, signe de ses impressionnantes capacités de grimpeuse juvénile.

Cette spécificité aurait permis aux enfants de passer la majeure partie de leur temps dans les arbres, à l’abri des prédateurs. Après avoir grandi, appris à se défendre et gagné un peu de masse, ils marchaient plus souvent, ce qui détendait légèrement les orteils au fil du temps. Afin d’apporter plus de détails sur l’évolution orthopédique des australopithèques, de plus amples analyses vont être nécessaires. Mais compte tenu de l’extrême rareté de ces fossiles, il restera toujours une partie de flou. Seule la découverte d’un adolescent pourrait éclaircir le débat.