Rites d'initiation chamanique en Sibérie !

Xhamane

Tout d'abord, on procède à la purification du candidat chaman. Celui-ci est brossé à l'aide d'un balai de rameaux de bouleau que le « chaman père » aura préalablement trempé dans une décoction de thym, de genévrier et d'écorces de sapin. Puis, ses neuf « fils » imitent leur « père » et appliquent ce même balai dans le dos du candidat. Peu avant la cérémonie d'initiation, des bouleaux sont abattus sous les directives du « père ». On fiche solidement en terre les bouleaux coupés. L'un d'entre eux, le plus vigoureux, prend place dans la propre yourte du candidat. On place ses racines dans l'âtre, sa cime dans l'ouverture centrale de la yourte par laquelle passe la fumée du foyer. Ce bouleau restera définitivement dans la yourte de l'initié. Quant aux autres bouleaux, ils sont relativement éloignés de la yourte en question. On trouve un premier trio de bouleaux solidement plantés en terre. Devant le premier, on dépose les offrandes rituelles ; le deuxième se voit paré d'une cloche et de la peau d'un cheval qu'on aura sacrifié pour l'occasion. Le troisième sera utilisé pour l'ascension de l'initié. Un autre groupe de neuf bouleaux sont plantés en rang. S'y déroule le sacrifice d'un bouc dont le sang oint les yeux et les oreilles de l'initié au rythme des tambours. Puis, le « père » gravit un bouleau. Arrivé à son sommet, il entaille l'écorce de l'arbre à neuf reprises, redescend, s'installe sur un tapis qui se trouve à proximité. Enfin, vient le tour de l'initié. Il grimpe au bouleau entaillé, suivi des « fils », les uns après les autres. Dès lors, le chaman nouvellement initié peut communiquer avec les dieux. Pour cela, on aura sacrifié un cheval, animal funéraire et psychopompe susceptible de mener le chaman jusqu'à la demeure des dieux. Ainsi fait, le chaman invoque les esprits, ses protecteurs et ses guides et les invite à pénétrer dans son tambour, instrument de voyage.
 

Le lendemain se déroule un rituel interminable pendant lequel le chaman escalade symboliquement le bouleau, procédant palier par palier (les encoches sont graduellement symboliques). Alors que son extase ne fait que croître, il tend vers la neuvième et dernière encoche. Parvenu au neuvième ciel, le chaman épuisé s'effondre. Pour revenir à lui quelques instants plus tard.
 

Si le bouleau a été choisi par le chamanisme sibérien, peut-être est-ce en raison de son écorce blanc argent qui devient de plus en plus pure, plus on accède au faite de l'arbre. Contrairement à ce que certains auteurs prétendent, le bouleau n'est pas que d'essence lunaire. Chez les chamans sibériens, il est éminemment solaire.
 

 

Source  : coupe des fées