La plus grande fusion de trous noirs jamais détectée a fait trembler l’espace-temps jusqu’à nous

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Source : https://www.ulyces.co

 

Le 29 juillet 2017, des scientifiques ont détecté depuis leur laboratoire sur Terre la collision titanesque de deux trous noirs supermassifs, pesant plus de 50 et 34 fois la masse de notre Soleil, à cinq milliards d’années-lumière de notre planète. Ce choc cosmique d’une intensité inimaginable a provoqué une onde de choc si puissante qu’elle a fait des vagues dans l’espace-temps, jusqu’à nous parvenir sous la forme d’un signal si faible qu’il nous faut un instrument scientifique géant d’une sophistication extrême pour le détecter, baptisé VIRGO.

Samedi 1er décembre, lesdits scientifiques participaient à un atelier sur la physique des ondes gravitationnelles et l’astronomie au College Park, dans le Maryland aux USA, pour présenter ces nouveaux résultats du programme LIGO (Observatoire d’ondes gravitationnelles par interférométrie laser) de la National Science Foundation (NSF) et du détecteur d’ondes gravitationnelles VIRGO, basé en Europe. La BBC s’est faite l’écho de ces découvertes ce 3 décembre.

La collaboration LIGO-VIRGO a pu détecter « avec confiance » des ondes gravitationnelles issues de dix fusions de trous noirs binaires de masse stellaire et d’une fusion d’étoiles à neutrons. Six des cas de fusion de trous noirs avaient déjà été signalés, et quatre autres ont été annoncés récemment. Du 12 septembre 2015 au 19 janvier 2016, des ondes gravitationnelles provenant de trois fusions de trous noirs binaires ont ainsi été détectées. Le deuxième tour d’observation, qui s’est déroulé du 30 novembre 2016 au 25 août 2017, a été témoin d’une fusion d’étoiles à neutrons binaires et à sept autres fusions de trous noirs binaires, dont les quatre nouveaux événements d’ondes gravitationnelles rapportés aujourd’hui.

Ces nouveaux événements sont connus sous les noms GW170729, GW170809, GW170818 et GW170823, en référence aux dates auxquelles ils ont été détectés. L’événement GW170729, détecté lors de la deuxième série d’observation, le 29 juillet 2017, est la source d’ondes gravitationnelles la plus massive et la plus éloignée jamais observée. Durant cette fusion, qui s’est produite il y a environ cinq milliards d’années, une énergie équivalente à près de cinq Soleil a été convertie en rayonnement gravitationnel.

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Crédits : LIGO

Albert Lazzarini, directeur adjoint du laboratoire LIGO de Caltech, a déclaré : «  La publication de quatre fusions supplémentaires de trous noirs binaires nous renseigne davantage sur la nature de ces systèmes binaires dans l’univers. » En un an à peine, les interféromètres géants LIGO et VIRGO ont considérablement développé la science des ondes gravitationnelles. Selon Denise Caldwell, directrice de la division de physique de la NSF, « le rythme de leurs découvertes laisse à penser que les découvertes les plus spectaculaires restent à venir. Nous nous attendons à des progrès encore plus importants à mesure que la sensibilité de LIGO s’améliorera au cours de l’année à venir. » La prochaine série d’observation devrait débuter au printemps 2019.