L’autopsie d’une momie pleine de surprise

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L’autopsie d’une momie du XVIIe siècle découverte dans une tombe en Corée du Sud révélait il y a quelques jours que l’homme souffrait d’une infection parasitaire du foie probablement casée par l’ingestion de crustacés crus.

Il y a 400 ans, côté médecine, on se débrouillait un peu comme on pouvait. Jing Lee, par exemple, est mort en 1642 à l’âge de 63 ans dans ce qui est maintenant le district de Cheongdo, en Corée du Sud. Découvert en 2014, son corps était alors remarquablement bien conservé. L’homme a en effet vécu pendant la Période Joseon au cours de laquelle les morts étaient encore momifiés. Avec la permission de ses descendants, une équipe dirigée par Min Seo, du Dankook University College of Medicine en Corée du Sud, a récemment analysé le corps du défunt grâce à un scanner CT leur permettant de regarder à l’intérieur de ses organes internes. Les médecins ont alors repéré une grosse masse dans le foie juste en dessous du diaphragme.

 

Autorisés à autopsier, les médecins ont alors extrait cette masse pour l’examiner de plus près, et ont constaté qu’elle contenait un grand nombre d’œufs minuscules d’environ 85 micromètres de diamètre. Ils ont ensuite pu les identifier comme appartenant au parasite connu sous le nom de Paragonimus westermani qui est transmis par les crustacés d’eau douce. Une fois consommés, ils pénètrent la paroi intestinale et se retrouvent parfois dans le diaphragme, les poumons ou dans le cas de ce pauvre homme, dans le foie. Cela signifie que Jing Lee souffrait très probablement de la paragonimase hépatique quand il a passé l’arme à gauche, ce qui en fait le plus ancien cas connu de la maladie qui comprend des symptômes tels que la fièvre, les douleurs abdominales et la diarrhée.

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Les œufs retrouvés dans le foie de Lee appartenaient probablement à Paragonimus westermani. Crédits : Shin et al. 2017

Pour les médecins, l’ironie est que Jing Lee a peut-être contracté la maladie après avoir mangé des crustacés sur la recommandation d’un autre médecin. À cette époque, manger du jus d’écrevisse et des crabes crus était commun au sein de la culture Joseon. C’était un moyen jugé efficace pour traiter la rougeole. Quatre siècles plus tard, des personnes continuent d’être infectées par P. Westermani après avoir mangé des crabes ou des crustacés mal cuisinés. On estime les chiffres à plus de 20 millions de personnes chaque année dans le monde, la plupart des cas étant recensés en Asie du Sud-Est.

Source : sciencepost