Etats-Unis: Washington pourrait devenir le premier état à légaliser le compost humain

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Source : https://www.bfmtv.com

 

Un sénateur américain de l'état de Washington propose de composter le corps des défunts dans une logique économique, environnementale et spirituelle.

L'Etat de Washington envisage une solution alternative aux classiques inhumations et crémations du corps humain: le compostage. D'après la chaîne américaine NBC News, un nouveau projet de loi porté par le sénateur Jamie Pedersen pourrait faire de Washington le premier état à autoriser le compostage humain.

L'idée est d'imaginer une manière plus respectueuse de l'environnement et moins onéreuse de transformer le corps des défunts en compost. Cette technique permettrait notamment de limiter l'action des molécules chimiques dégagées par la décomposition sur les sols.

“Les gens de tout l’État qui m’ont écrit sont très enthousiastes à l’idée de devenir un arbre ou d’avoir une alternative différente pour eux-mêmes" a déclaré le démocrate Jamie Pedersen à la chaîne américaine NBC News.

Une nouvelle approche funéraire

Cette nouvelle approche, nommée "recomposition", consiste à placer les restes humains non embaumés dans une chambre de compostage, sur un lit de matière organique (de copeaux de bois, de paille par exemple), de manière à laisser le corps se décomposer naturellement, et plus vite.

Grâce à un système d'aération installé dans le vase cylindrique, le processus de décomposition du corps est accéléré à tel point qu'en environ un mois, les restes humains sont réduits à un mètre cube de compost pouvant éventuellement être utilisé pour faire pousser de nouvelles plantes.

Le concept est promu depuis 2013 par une certaine Katrina Spade, une américaine à qui l'idée est venue après qu'une amie lui ait parlé d'une pratique agricole consistant à composter le bétail après sa mort. Cette designer de profession a alors concrétisé son idée grâce à des chercheurs des universités de Western Carolina et de Washington.

"Aux États-Unis, il n’y a vraiment que deux options faciles d'accès: la crémation et l’inhumation", soutient Katrina Spade. "La question est la suivante: Pourquoi n'avons-nous que deux options et à quoi ressemblerait-il si nous en avions une douzaine?".

Depuis, une étude a ensuite été menée pendant cinq mois par la chercheuse Lynne Carpenter-Boggs, professeure en agriculture biologique de l’État de Washington, pendant lesquels six organismes donateurs ont été décomposés grâce à cette technique.

Les conclusions de l'enquête de Carpenter-Boggs, achevée en août dernier, a révélé que les composts produits étaient sûrs, afin de dissiper les craintes sur d'éventuelles questions sanitaires. La chercheuse américaine envisage donc de soumettre ses recherches pour publication en 2019. Le projet de loi, s'il venait à être adopté, entrerait en vigueur le 1er mai 2020.