Légendes et coutumes : Décès et miroirs !

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Source : L’âme immortelle, Jacques Ouaknin

Cet usage vient du souci d’épargner aux membres de la famille endeuillée la pénible vision de plusieurs dépouilles mortelles ou encore celle de visages défaits et livides, semblables à celui d’un mort. 
D’après le Pné Baroukh, le miroir pourrait distraire du deuil. Il en est de même des photos, des portraits, des tableaux. Lorsqu’on se met en prière au moment de la Amida, on doit éviter de se tenir devant le reflet de sa propre image dans un miroir ou une porte vitrée.

Mais cette coutume fut pratiquée en France et en Europe, indépendamment de la religion :

en Europe, jusqu’à une période relativement récente, paysans et citadins se pliaient à une vieille coutume voulant que les miroirs soient voilés aussitôt qu’un décès survenait dans la demeure. Beaucoup avaient même oublié le sens de cette tradition qu’ils perpétuaient : éviter que l’âme, errant entre ces murs familiers, ne soit terrifiée en rencontrant son reflet. Reflet de la mort tout aussi redoutable pour les vivants…

Et si le défunt refusait de s’en aller ? Dans les campagnes françaises, les enfants devaient annoncer le décès à tous les animaux familiers pour qu’ils se méfient de cette âme, autrefois amie. Les récipients d’eau étaient vidés ou, à défaut, soigneusement recouverts : le défunt pouvait être tenté de s’y plonger pour se purifier de ses péchés, et il contaminerait ainsi le liquide.

On évitait aussi, pendant quelques jours, de balayer : l’âme, secouée en même temps que la poussière, pourrait en être vexée et chercher vengeance. A Madagascar, ce sont toutes les activités domestiques qui s’arrêtent : l’âme, apeurée par son nouveau statut, risque de prendre refuge dans le plat que l’on cuisine ou le tissu que l’on coud.

On pourrait rapporter quantité d’autres coutumes semblables. Ainsi, les Tziganes transportent le moribond hors de la caravane et le déposent à même la terre pour qu’il rende son dernier souffle. Dès lors, son nom ne doit plus être prononcé : celui qui est devenu un mulo, un revenant, dont il faut se méfier, pourrait croire, à tort, qu’on le rappelle…

Des ethnies africaines arrachent quelques cheveux du sommet du crâne de celui qui rend l’âme, histoire d’indiquer à celle-ci le meilleur chemin pour sortir du corps.