Les véritables origines du nom OUIJA !

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Ce n’est pas un hasard si l’histoire du ouija commence à la fin du XIXe siècle. Se rencontrent alors le capitalisme américain et le spiritisme, croyance selon laquelle les morts peuvent communiquer avec les vivants.

 

Cette croyance enracinée en Europe se propage aux États-Unis à partir de 1848, lorsque les soeurs Fox affirment converser avec un esprit par l’intermédiaire de coups frappés.

 

Relayées par les médias, leurs séances vont convaincre des millions d’Américains qui entendent allier christianisme et conversations avec leurs disparus.

 

À une époque où l’espérance de vie ne dépasse pas 50 ans, les interlocuteurs ne manquent pas. En revanche, les systèmes de communication, comme l’écriture automatique et les tables tournantes, laissent à désirer.

 

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Charles Kennard

 

Aussi la dépêche de l’agence Associated Press, qui rapporte l’utilisation de plateaux dotés de lettres, de chiffres et de planchettes dans des camps de spiritualisme de l’Ohio en 1886 fait-elle sensation. Un certain Charles Kennard sera le premier à en tirer les conséquences économiques.

 

En 1890, il fonde la Kennard Novelty Company à Baltimore avec quatre autres investisseurs, dont l’avocat spécialisé en droit des brevets Elijah Bond, afin de fabriquer et de vendre une planche similaire à celle utilisée dans l’Ohio.

 

Mais comment l’appeler ?

Contrairement à ce qui est souvent avancé, « ouija » n’est pas un mot composé à partir du français « oui » et de l’allemand « ja ». Selon l’historien spécialiste de la fameuse planche Robert Mursch , il est en réalité apparu lors d’une séance de spiritisme menée par la belle-sœur d’Elijah Bond, Helen Peters, qui se voulait médium.

 

« Comment devons-nous t’appeler ? » aurait-elle demandé à la planche.

Les lettres o, u, i, j, et a auraient alors été désignées.

« Qu’est-ce que cela veut dire ? »

« Bonne chance », aurait répondu la planche, énigmatique.

 

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Helen Peters devait néanmoins préciser qu’elle portait ce jour-là le portrait d’une femme en médaillon, un mot inscrit au-dessus de la tête. Or il se pourrait, d’après les recherches de Murch, que cette femme soit l’écrivain britannique OuiDa, que Peters admirait et dont le nom aurait été mal interprété…

 

Une fois le nom de la planche trouvé, il ne manquait plus que l’accord du bureau des brevets à la toute jeune Kennard Novelty Company pour se lancer à la conquête du marché du spiritualisme. Helen Peters va là encore jouer un rôle crucial.

 

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Elle et son ouija relèvent avec brio le défi de l’agent des brevets : épeler correctement son nom à lui, qui est censé être inconnu de la médium. Mais Elijah Bond, en tant qu’avocat spécialisé, a très bien pu l’obtenir, puis le souffler à sa belle-sœur.

 

Toujours est-il que la Kennard Novelty Company obtient son brevet en 1891. Deux ans plus tard, elle est passé d’une seule usine à Baltimore à six dans le pays et une au Royaume-Uni.

 

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Le ouija est un succès commercial. Charles Kennard et Elijah Bond sont pourtant obligés de quitter la direction de l’entreprise. William Fuld, un de leurs employés, les remplace.

 

Et bien qu’il n’ait jamais prétendu avoir créé le ouija, c’est à lui, étrangement, que les médias vont attribuer la paternité de la célèbre planche de spiritisme. Il est en effet présenté comme l’inventeur du ouija dans la nécrologie publiée par le New York Times en 1927.

 

#Soso